Little Escape

Une parenthèse à Leipzig

Et si on allait à Leipzig ? Une question posée à la hâte autour d’un petit déjeuner que nous prenions sur la place principale de Goslar. Cette idée de visiter Leipzig sur un coup de tête et faire une brève trêve dans notre voyage à vélo nous enchanta. Nous étions fatigués physiquement à pédaler durant 9 jours, sans pause, et par les nombreux kilomètres déjà parcourus. Dans cet élan de motivation nous avons dégainé nos smartphones pour chercher un train et une auberge.

 

Deux heures plus tard, nous sommes dans le train. Après un changement à Halle, nous arrivons à Leipzig, cette ville qui nous attire depuis un bon moment.

 

L’auberge se situe non loin de la gare. Pendant que l’un fait le check-in, l’autre monte la garde devant nos montures chargées de tous nos biens. Par chance, le parking vélo se trouve dans une cour intérieure : nous dormirons sereinement ! La chambre récupérée, nous montons nos 10 sacoches et troquons nos habits de cycliste pour une tenue plus urbaine pour partir en vers le centre-ville.

 

Le cœur de la ville sur un air de Bach

 

 

Des bâtiments bien entretenus, un centre qui respecte les codes d’urbanisme des villes allemandes avec ses rues marchandes piétonnes, nous entamons notre visite de Leipzig par la place principale : Marktplatz. Aujourd’hui, la musique classique est à l’honneur avec la retranscription d’un concert sur écran géant. On ne peut donc pas passer à côté de l’enfant prodige de la ville : BACH. Nous continuons notre balade en passant par le passage Mädler, qui nous fait vaguement penser au Royal Arcade de Melbourne. On s’attarde devant les principaux monuments comme la Neues Rathaus, d’une architecture impressionnante et nous nous arrêtons sur l’Augustusplatz dont l’université nous interpelle. Un édifice de verre et de métal, moderne, qui intègre l’ancienne église St. Pauli, dynamitée en 1968 pour des raisons politiques. Et à côté, l’emblème de la ville, une tour de béton en forme de livre …

Le cœur de Leipzig n’est pas bien grand et s’y promener à pied d’un bout à l’autre est chose aisée.

 

 

Le jour s’éclipse lentement et nous nous posons au Ratskeller, un énorme restaurant de 700 places dans l’enceinte de la Nouvelle Mairie (Neues Rathaus), qui brasse également sa propre bière. Par chance nous sommes lundi soir, l’ambiance est plutôt calme et nous profitons de ce moment pour fignoler la journée du lendemain.

 

Le centre-ville est chic, agréable mais il nous tarde de découvrir l’autre facette de la ville, celle pour laquelle nous voulions venir à Leipzig.

 

Les quartiers périphériques : Leipzig l’alternatif

 

La journée démarre sous un soleil rayonnant. On continue notre visite, commencée la vieille, en retrouvant nos vélos que nous avions lâchement abandonné, pour se rendre vers les quartiers qui entourent la ville. Rapide et pratique, se déplacer à bicyclette nous permet de ne rien louper sur le chemin. On passera même non loin du stade de foot du RedBull RasenBallsport Leipzig !

 

A l’ouest, on pédale dans Lindenau, Plagwitz, le long de la Karl-Heine Strasse et du canal du même nom. On saisit le riche passé industriel de la ville avec les nombreuses friches aux briques rouges, aujourd’hui réhabilitées en bureaux, local artistique, ateliers, galeries, magasins. C’est dans ce genre de lieu qu’on aime se promener. On ressent directement la créativité qui en émane et la faculté qu’ont les gens à créer des lieux conviviaux grâce à la débrouille, la récup’ et le système D.

 

 

Notre balade orientée alternatif se poursuit vers Tapetenwerk, une ancienne fabrique de papiers peints, la deuxième plus grande d’Allemagne durant ses années de gloire, qui abrite aujourd’hui espaces pour designer, architectes, de coworking, mais aussi un fabricant de planches de skate, Shredderei, dans lequel on se pose pour boire un café. On se dirige ensuite vers le site industriel de la filature cotonnière : Baumwollspinnerei, qui fut à l’époque l’une des plus grandes usines d’Europe dans son domaine. Aujourd’hui s’y rencontrent artistes, entrepreneurs, et un cinéma en plein air a été aménagé à l’aide d’une grande toile blanche sur le mur de brique, des chaises en plastique et un vieux van contenant le projecteur.

 

 

Pour la pause de midi, nous retournons sur nos pas sur la Karl-Heine Strasse et nous nous installons sur la terrasse du Kaiserbad, un restaurant situé dans l’enceinte de la friche du Westwerk. La décoration intérieure est soignée et le cadre semble idéal pour venir avec son pc et y bosser. Mais nous sommes en touristes et pas question de penser boulot. Alors on remonte sur nos montures pour rejoindre le sud de Leipzig et la Karl-Liebknecht Strasse.

 

De part et d’autre de cette rue du sud de Leipzig, se succèdent restaurants, bars et boutiques. Nous descendons de nos vélos pour la parcourir à pieds et s’arrêter dans quelques magasins de décoration. Il y a de belles choses, mais nos sacoches son pleines et porter une chaise ou un luminaire sur la bicyclette n’est pas pratique ! Par contre, nous avons zéro contrainte pour manger une glace et c’est chez Eisdiele Pfeifer que l’on s’arrête pour le goûter. Les glaces y sont faites maisons depuis 1953 et un bon nombre de Lipsiens viennent se poser sur la petite terrasse, ou à l’intérieur, dans une décoration 100% Allemagne de l’Est.

 

Nous continuons notre avancée sur la « Karli » jusqu’au Feinkost, un bâtiment qui interpelle par son allure défraîchi et l’enseigne lumineuse retro de la « Löffelfamilie ». Entre 1853 et 1879 Feinkost était d’abord une brasserie. Vers la fin des années 1920, les fûts de bières devaient disparaître, à la place on y installa une production de produits alimentaires, avec entrepôt pour les conserves et une salle accueillant de nombreuses fêtes légendaires. Après la guerre, l’entreprise VEB Feinkost utilisa tout le bâtiment pour la production de conserve et la pub de la « Famille Cuillère » fut installée en 1973. Après la réunification l’entreprise disparût et le bâtiment resta vide plusieurs années. Des travaux de réhabilitation ont été entrepris et c’est en 2008, que l’association Löffelfamilie e.V. s’est chargée de rendre le lieu tel qu’il est aujourd’hui. (Texte grossièrement traduit depuis le site Leipzig Travel).

 

Dans l’enceinte du Feinkost on y trouve des magasins, un cordonnier, une boîte de nuit, un cinéma en plein air, le tout au milieu de graffitis. A certaines dates se déroulent également un marché aux puces et un marché orienté Street-Food. Sous l’ancienne pub, est installé un Biergarten et pour 3€ vous pouvez allumer l’enseigne et faire briller la Famille Cuillère !

 

Visiter Leipzig

Nos dernières heures à Leipzig

 

Dernier repas, dernière nuit, dernières heures. Nous mettons le cap à l’Est pour notre dernière soirée. Quartier prisé par les jeunes étudiants Lipsiens qui trouvent l’Ouest devenu trop branché, ici les soirées sont cachés. Mais nous, nous allons juste au Substanz : grand Biergarten en été où l’on peut manger des burgers préparés au barbecue en partageant sa table avec de parfaits inconnus. On y passe un bon moment (malgré le service qui a foiré notre commande) à discuter et griffonner sur notre carnet des idées qui nous passent par la tête, à apprécier l’instant de ce dernier moment de notre parenthèse à Leipzig.

 

La nuit est tombée. On rentre à l’auberge. Il est déjà temps de faire les sacoches car demain nous quittons la ville. Un dernier sommeil réparateur entre quatre murs et nous nous rendons à la gare pour prendre les tickets de train en direction de Lutherstadt-Wittenberg. Le train part dans 9 minutes, on regarde nos montres, on se regarde et on court avec nos vélos chargés. Ultime escalator jusqu’au quai et le train arrive au même moment. On l’a eût !

 


 

Carnet d’adresses :

 

  • Ratskeller – Restaurant – Lotterstraße 1   |   Site Web
  • Kaiserbad – Restaurant – Karl-Heine-Straße 93   |   Site Web
  • Substanz – Biergarten – Täubchenweg 67   |   Site Web
  • Eisdiele Pfeifer – Glacier – Kochstraße 20
  • Shredderei – Café / Boutique de skate – Lützner Str. 91   |   Site Web

 


2 Comments

  1. Piestq

    5 septembre 2017 at 21 h 23 min

    Et bien voilà un petit résumé qui sent bon le “faut y aller”

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