Little Escape

Road trip en van en Australie : de Melbourne à Sydney par le centre rouge

Je m’en souviens comme si c’était hier, nous étions dans notre minuscule appartement à réfléchir à la suite de notre voyage en Australie. Après avoir eu la chance de vivre à Melbourne et d’y travailler depuis plus de 3 mois, nous voulions continuer notre chemin et partir à la découverte des terres australiennes, même si nous adorions l’ambiance que dégage cette métropole.

Je m’en souviens comme si c’était hier lorsque l’on compta l’argent liquide gagné en lavant des assiettes et nettoyant les tables du Zinc Café, et surtout le moment où l’on se posa cette question : “et si on achetait un van ?”. Ni une, ni deux, on commença les recherches sur Gumtree et un peu plus d’un mois plus tard, nous étions au volant de Barney, heureux comme des coqs en pâte.

Je m’en souviens comme si c’était hier et pourtant, à l’heure où je vous écris, c’était il y a 4 ans.

 

Premiers tours de roues d’un road trip en van à travers l’Australie

national park in australia, australie

Nous n’avions qu’une hâte depuis l’acquisition du van, faire vrombir le moteur dans les rues de Melbourne en direction la côte de la baie de Port Phillip. Notre première nuit à Brighton Beach n’était pas des plus sereine, nous sortions de notre zone de confort vers un inconnu auquel nous devions nous habituer pour les 4 prochains mois. Mais le matin au réveil, dès l’ouverture de la porte du van, toutes les inquiétudes de la veille se dissipèrent à la vue de notre nouvelle terrasse : une longue plage de sable et la mer. L’avantage de voyager en van est que la terrasse change tous les jours !

Pour ces premiers kilomètres sur les routes australiennes, nous n’avions pas d’itinéraire précis. On longea la côte de la Mornington Peninsula jusqu’à en voir le bout marqué par le Nepean National Park, qui se situe entre la baie de Port Phillip et l’Océan Indien. Pour trouver des lieux où dormir, nous utilisions le Camp 6, qui nous servait également de cartes routières. Cette bible taille A4 indique précisément les spots gratuits et payants où il est possible d’y poser son van, les commodités sur place et l’état de la route pour y accéder. Lorsque vous lisez “Dirt Road”, sachez que ce n’est pas une blague, nous y avons laissé une porte d’armoire à cause des vibrations causées par l’état de la route.

Pour arriver à Phillip Island, on traversa un pont de 640 mètres de long et on visita cette petite île de 100 km² durant toute la journée. Phillip Island est réputé pour sa faune et sa flore, notamment les lions de mer et les petits pingouins (manchots pygmées) et ses paysages somptueux et verdoyants. Le soir venu, jour de la fête national australienne, on trouva un camping gratuit reculé, non loin du Wilson Promontory Park que nous souhaitions découvrir le lendemain. L’endroit était rempli d’australiens venus fêter entre amis l’Australian National Day autour d’un barbecue et par chance, nous avions trouvé un tout petit emplacement pour y garer Barney. La pluie avait pointé le bout de ses gouttes, nous avions donc élus domicile dans le van, en mangeant des biscuits et en jouant aux cartes.

Au petit matin, le ciel était radieux. La grisaille de la veille avait laissé place à un soleil resplendissant. Aucun nuage ne pouvait stopper cette chaleureuse lueur, rendant nos promenades dans le Wilson Promontory Park bien plus agréables. De beaux panoramas, de belles plages de sable blanc, de la verdure et les “Sand flies” (saleté de mouches agressives) : le panaché de notre journée.
Nous avions encore quelques jours devant nous avant de retrouver notre belle Melbourne alors on se coupa du monde à Paradise Beach.

En route pour la Great Ocean Road

Dernier coup d’œil dans les rétroviseurs du van, les buildings du CBD se transformaient en une tâche à l’horizon, jusqu’à disparaître. Pincement au cœur. Au revoir Melbourne.

On roula sur la Princes Highway jusqu’à rejoindre Geelong et le début de la Great Ocean Road à Torquay, sur la mythique B100. Les pneus de Barney embrassaient enfin l’une des plus belles routes côtières du monde et nous ne furent pas déçus du spectacle. On appréciait chaque instant, chaque moment passé sur la route et on s’arrêtait où on voulait, que ce soit au bord de la route ou sur le parking d’un lieu touristique. Nos envies nous entraînèrent à Aireys Inlet et son phare au chapeau rouge, aux Erskine Falls, l’une des cascades les plus connues des Otways, haute de 30 mètres, située à une dizaine de kilomètres de Lorne. On continua notre chemin en passant par Apollo Bay pour se diriger vers le phare de Cape Otway, en traversant le Great Otway National Park. Sur la route, des dizaines de koalas dans les arbres et nos premiers en liberté. Moment d’émotion. On se gara le long de la route pour capturer quelques images de ces nounours endormis sur leur branche et apparemment, nous n’étions pas les seuls à avoir cette idée. Tout le long de la Lighthouse Road, des voitures, van et minibus étaient arrêtés pour regarder entre les feuilles des eucalyptus la mascotte de l’Australie.

Grâce au Camp 6, on trouva deux spots gratuits et incroyables pour dormir : Air River East et Johanna Beach Campground (je ne peux vous assurer qu’ils soient encore accessibles aujourd’hui). Notre plaisir lors de ce road trip, était d’arriver tôt sur nos terrains de camping, afin de marcher, parfois plusieurs kilomètres, pour découvrir les alentours. Après tout, nous n’avions pas de limite de temps, alors autant en profiter !

Pour le dernier jour sur la Great Ocean Road, sous un temps couvert et plutôt frais, nous nous sommes dirigés vers les célèbres formations rocheuses des 12 Apôtres (Twelve Apostles). Isolées de la côte à cause de l’érosion, ces tours de calcaire qui sortent de l’eau sont saisissantes. La nature façonna également d’autres sites impressionnants dans le parc national de Port Campbell : le London Bridge et Loch Ard Gorge.

Retour en ville, à Adelaide avant le Centre rouge

Semaphore, adelaide, south australia

Faire un road trip en van en Australie, c’est aussi rouler de longues heures sur un itinéraire sans grand intérêt pour rejoindre une grande ville, en l’occurrence, Adelaide. La route était longue, droite et la chaleur épuisante. Le van montrait ses premiers signes de faiblesse à cause de la température anormalement élevée. Il était temps que nous arrivions dans la région viticole de l’Australie.

A Adelaide, nous n’avions qu’un seul objectif : renflouer les caisses pour continuer notre route vers le centre rouge. On se posa dans le quartier de Sémaphore sur un parking longeant la plage. Lors des premiers jours, on profita du soleil et de la mer pour se relaxer, avant de retrousser les manches et se mettre au travail. On trouva rapidement un job dans les vendanges, sur les hauteurs d’Adelaide, et pendant une dizaine de jours, on ne chôma guère : couper du raisin, porter les sceaux, matin tôt, sous la pluie ou la chaleur écrasante. (Vous pouvez retrouver le récit plus précis de cette période en suivant le lien suivant !).

Nous étions réellement comme à la maison sur le parking de Sémaphore, avec nos petites habitudes, entre les courses chez Foodland et la chasse au “Reduce to Clear”, la bibliothèque pour se rafraîchir les jours à plus de 35 degrés, les barbecues, les couchers de soleil le long de la jetée et les apéros avec nos voisins Lionel et Charlène.

Puis vint l’irrésistible appel de la route, l’envie de voir le compteur kilométrique s’extasier, sentir l’asphalte glisser sous les pneus, mais surtout, mettre le cap sur le centre rouge.

Changement de décor dans le cœur rouge australien

Le vert des côtes australiennes laissaient petit à petit place au rouge du désert, jusqu’à disparaitre. Nous étions face à un nouveau tableau, à contempler un décor totalement étranger. Du rouge à droite, du rouge à gauche et au centre de ce spectacle, une route qui scinde le pays en deux. Le paysage australien, comme on se l’imaginait, défilait sous nos yeux ébahis.

Notre première halte se fit à Coober Pedy, réputé pour ses maisons troglodytes et sa production d’opale. A première vue, ce petit village de moins de 2000 âmes, n’a rien de sexy avec la poussière ambiante qui y règne. On visita l’église construite dans la terre ainsi que la maison d’un particulier. La température à l’intérieur de ces bâtisses était agréable malgré la fournaise de l’extérieur. Après cet instant culturel, on se dirigea vers le camping Riba’s Underground, qui propose des chambres ainsi que des espaces pour poser sa tente dans des pièces sous terre. Nous n’avions pris qu’un emplacement à la surface de la terre afin de profiter de l’atmosphère bouillonnante et des mouches omniprésentes du Red Center.

La Stuart Highway paraissait interminable mais l’ambiance road trip nous plaisait toujours autant. 490 kilomètres après Coober Pedy et un stop dodo à la frontière du South Australia et du Northern Territory, on bifurqua (enfin) à gauche pour rejoindre la route menant vers Ayers Rock.

Dans le centre rouge, l’aide du copilote, responsable GPS, était précieuse pour ne pas se perdre :

  • “Donc tu vas tout droit et c’est la prochaine à gauche”
  • “Dans combien de kilomètres ?”
  • “Un peu moins de 500 !”
  • “OK, Merci !”

La Lasseter Highway nous emmena jusqu’à Yulara, porte d’entrée d’Uluru Kata-Tjuta National Park. Comme à notre habitude, on chercha, en premier lieu, à aller vers le centre d’information touristique pour voir ce que nous pouvions faire à pied. Plusieurs randonnées étaient réalisables, dont une qui faisait le tour du rocher, il fallait compter plus de 3h30 de marche. La chaleur éreintante nous en dissuada et on opta pour plusieurs petites boucles avant d’aller se rafraîchir avec un Coca-Cola. En fin de journée, bien avant la tombée de la nuit, on se posa sur le spot incontournable pour admirer le coucher de soleil sur le gros caillou rouge et le spectacle fut tout simplement magnifique. Le lendemain matin aux aurores, on retourna dans le parc après une nuit passée non loin de Yulara, pour contempler le lever de soleil et Uluru aux milles et unes couleurs.

Nous étions émerveiller et heureux. Chanceux de pouvoir être présent, au cœur de l’Australie, à admirer le soleil qui se lève et se couche sur un joyau de la nature.

Alice Springs, ville du désert

northern territory in australia, australie

Ayers Rock était loin dernière nous, nous avions quitté le parc national en début de matinée pour rejoindre Alice Springs. On roula plus de 350 kilomètres avant de s’arrêter dans un camping avec piscine. Il n’était pas tard, mais nous étions fatigués de notre réveil matinal. Se prélasser au bord de l’eau, piquer une tête dans la piscine fraîche s’étaient révélés être le remède idéal pour clôturer cette journée en beauté.

Le lendemain matin, nous n’avions que 2 heures de route avant Alice Springs. Nous voulions passer la journée dans cette ville située au milieu du désert avant de repartir en fin d’après-midi vers une Rest Area le long de la Stuart Highway. A l’office de tourisme, on dénicha une carte avec un itinéraire menant vers les principaux points d’intérêt de la ville. On marcha donc dans le centre-ville, puis vers la School of the Air, à côté des Flying doctors, on grimpa sur l’Anzac Hill pour apprécier la vue et on termina notre randonnée dans un bar aux allures de saloon, digne des meilleurs westerns : le Bojangles. On y resta un bon moment à enchaîner les boissons rafraîchissantes avant de mettre les voiles en direction du Queensland.

Mais avant de rejoindre la côte Est de l’Australie, se dressaient devant nous 2000 interminables kilomètres, sur une portion de route dépourvue de tout intérêt et de distraction, mis à part les Devils Marbles, rochers formés par l’érosion ayant une forme ronde, ovale. Nous avions également profité, durant tout un après-midi, de la piscine de Tennant Creek.

Puis vint le moment de bifurquer sur la Barkly Highway …

440 bornes plus tard, l’Etat du Queensland, un nouveau fuseau horaire et 30 minutes envolées. Mount Isa, Julia Creek, Richmond, Charters Towers, nous comptions les kilomètres. L’air extérieur était de plus en plus humide, les mouches moins présentes, les moustiques toujours aussi nombreux et les bêtes de plus en plus exotiques : nous nous approchions de la côte et nous n’avions d’autres aspirations que de revoir l’océan.

Puis vint le moment d’arriver à Townsville …

Le voyage en van se poursuit dans le Queensland

Whitsunday island in australia, australie, queensland

Au sud de Townsville, au niveau d’Alligator Creek se trouvait (et peut-être se trouve encore aujourd’hui) l’un des meilleurs spots pour dormir : une Rest Area à côté d’une station essence, certes au bord de la route, mais avec toilettes, douches chaudes, machines à laver et même une salle de repos avec canapés et télévision (et donc des prises), pour la modique somme de 0$AUS. Le 5 étoiles de l’aire de repos pour backpackers !

A Townsville, on apprécia le soleil australien pour se promener le long de la côte, humer l’air marin et découvrir les bouteilles de vinaigre misent à disposition sur la plage, en cas de piqûre de méduse. Il est d’ailleurs fortement recommandé de faire trempette dans un lagon ou dans les zones de baignades délimitées par un filet, qui empêche les bêtes marines mortelles de passer.

Pour s’épuiser un peu, on gravit Castle Hill à pied jusqu’au panorama permettant de voir Magnetic Island. Des courageux montaient la colline en courant pendant que nous étions essoufflés à mi-parcours, mais une fois en haut, on reprit nos esprits en contemplant la vue, le regard perdu dans le bleu infini de l’océan et du ciel.

On poursuivit notre voyage en van vers Cairns avec un détour sur Mission Beach pour y faire un petit saut en parachute au-dessus de l’eau. Un moment incroyable en sensations fortes.

On resta plusieurs jours sur Cairns à profiter du lagon et ne pas faire grand-chose, juste se prélasser au bord de l’eau. Des vacances dans les vacances ! On alla également une journée à Port Douglas, une bourgade huppée à plus de 60 km au nord de Cairns, en passant par la Captain Cook Highway, une autre route côtière réputée et magnifique.

Nous étions fin mars et mon frère devait arriver le 9 avril à Brisbane. Nous avions donc plusieurs jours pour descendre tranquillement la Bruce Highway. Sur le chemin, on fit plusieurs haltes dont une à Airlie Beach pour faire une sortie en mer vers l’archipel des Whitsundays, qui regroupe 74 îles et l’une des plus belles plages du monde : Whitehaven Beach, le paradis sur terre, une plage de sable fin longue de 7 kilomètres, d’une couleur claire contrastant avec le bleu azur de l’océan. On se laissa emporter vers Bundaberg, connu pour son rhum, et Hervey Bay, renommé pour être un spot incroyable pour observer les baleines durant l’hiver.

Notre chemin se poursuivit en direction de Brisbane, capitale du Queensland.

Brisbane et l’aventure à trois

National park in queensland, australia, australie

Le choc de la grande ville fut brutal : parkings hors de prix, ponts payants et difficulté à trouver un emplacement pour dormir. Tout était beaucoup plus facile en dehors des capitales et le retour à la réalité nous laissa un goût amer : Brisbane, ville anti-van ! Au bout de quelques recherches sur internet, on se dirigea vers une auberge de jeunesse et on passa la nuit dans cette rue, en dormant penché ce qui n’était guère agréable. Le lendemain, on chercha un autre coin dans la périphérie de Brisbane et on trouva une rue calme proche d’un centre commercial (pour se nourrir), d’un parc (pour se balader) et d’une bibliothèque (pour internet). On y resta jusqu’à la venue du frangin.

Le jour de son arrivée, il pleuvait. Nous n’avions pas eu de pluie depuis Adelaide, mais il nous en fallait plus pour nous décourager. Nous avions prévu un bel itinéraire en van pour vadrouiller dans le pays avec Manu durant ses deux semaines de vacances : Noosa, Brisbane, puis direction Sydney en faisant un détour par les Blue Mountains. Pour son confort, nous lui avions laissé le van pour dormir et nous, nous étions dans une tente dôme.

A Noosa on se promena dans le parc national et plus précisément le long de la Coastal track, jusqu’au lookout de Hell’s Gate. Malheureusement, le soleil ne voulait guère pointer le bout de son nez, la vue était faussée par le gris du ciel et la pluie inonda nos pieds (Par chance, en Mars 2016, nous avons pu revoir Noosa sous un soleil éclatant et on peut affirmer que Noosa est un lieu paradisiaque). Pour se sécher, on alla manger un burger chez Ronald et changions nos plans en retournant sur Brisbane, mais dans un hôtel au centre-ville (avec piscine et sauna : luxe pour backpacker) pour nous permettre d’apprécier la ville, s’y promener à notre aise.

Manu avait une liste de plusieurs choses qu’il voulait faire et voir, dont le Lone Pine Koala Sanctuary pour caresser des kangourous et porter un koala. Nous y sommes allés un matin, dès l’ouverture et avions les kangourous quasiment pour nous. Le temps était radieux, les animaux magnifiques mais plus nous avancions dans la journée, plus le parc était rempli d’enfants surexcités : c’était les vacances scolaires !

De Brisbane à Sydney en Van, il n’y a qu’un pas

Opera house, australia, australie

Plusieurs jours d’affilé, le temps n’était absolument pas au rendez-vous. Nous avions traversé la Gold Coast et Byron Bay sous un temps exécrable. L’ambiance carte postal tant convoitée se laissait désiré et nous continuions notre route en direction de Sydney. Un matin au réveil, le soleil rayonnait dans le ciel et pour couronner le tout, des kangourous au loin s’invitèrent dans le décor pendant notre petit-déjeuner. Cette journée s’annonça parfaite. Pour continuer sur les clichés australiens, on s’arrêta en chemin le long d’une plage pour tester la “planche de surf” qui décorait notre van depuis le début du road trip. Je vous passe les détails de cette séance de surf, mais elle fut hilarante tant les garçons roulaient dans les vagues sans la planche.

Au fil des kilomètres, nous nous rapprochions de Sydney, mais avant de poser le pied dans la grande ville australienne, on s’orienta vers les Blue Mountains pour 2 jours. Notre camping se situait non loin de la célèbre Cliff Walk, le chemin de randonnée menant vers les Three Sisters. Dès que nous avions posé le van à son emplacement, on enfila nos baskets pour marcher et découvrir ce sublime décor bleu généré par les arbres d’eucalyptus. Cette promenade offre de nombreux panoramas pour admirer le paysage et l’étendue de la forêt, mais le plus connu et le plus sollicité reste celui pour observer la formation rocheuse des Three Sisters. On y alla de jour et à la tombée de la nuit.

Pour notre dernier jour dans les Montagnes Bleues, sous un temps maussade et brumeux, on descendit les Furber Steps afin que Manu puisse remonter avec le Scenic Railway, chemin de fer le plus incliné du monde. Cette impressionnante attraction était trop onéreuse pour notre porte-monnaie de Backpackers, alors nous sommes remontés à pied, à un rythme soutenu pour ne pas faire trop attendre le frangin.
On reprit la route dans la foulée pour rejoindre notre auberge de jeunesse à Sydney. Mais c’était sans compter sur ma bourde phénoménale : moi Laura, reine dans l’art de l’organisation, je m’étais trompée dans les dates de réservation et nous étions donc arrivés à l’Auberge avec 1 jour d’avance ! Qu’à cela ne tienne, on réserva une nuit dans un minuscule Ibis Budget et on y retourna le lendemain, à la bonne date, pour récupérer notre dortoir.

Sydney marquait les derniers jours de présence de Manu. On en profita au maximum pour que ses vacances soient inoubliables. On fit énormément de kilomètres à pied, on traversa le Harbour Bridge, on se posa plusieurs fois près de l’Opéra dont l’architecture est incroyable, on visita l’aquarium, on gambada dans la ville, on prit des photos au Mrs Macquarie’s Chair et au Kirribilli Point, de jour et de nuit, on se promena dans le Royal Botanic Garden, Hyde Park et le quartier chinois, on grimpa la Sydney Tower.

Et le dernier jour arriva … Si rapidement. On laissa Manu à l’aéroport de Sydney et nous revoilà livrés à nous-mêmes, un peu perdu, nous n’avions plus de repère. Où aller ? En effet, la visite de Manu était un petit peu notre fil rouge depuis plusieurs semaines, car il fallait organiser notre itinéraire, nos étapes en fonction de la date de sa venue puis le programme qu’on proposerait pour lui faire partager notre séjour de rêve.

On se dirigea vers Bondi Beach. On avait eu écho de la possibilité de passer la nuit près de cette plage, et en voyant le cadre on en avait l’eau à la bouche. Seulement la réalité était désormais différente. Après avoir parcouru les environs, les panneaux de prévention contre le camping étaient nombreux. La tendance ces dernières années étaient à la limitation des campings sauvages des vans sur les parkings des plages, certainement pour mieux encadrer le phénomène et répondre aux nuisances qu’ont générées une minorité de voyageurs. En attendant de trouver une solution, on savoura l’air marin australien, rêveur et enchanté.

Nous avions finalement déniché notre petit cocon où garer Barney les nuits, une petite ruelle très discrète à quelques encablures de la Station de Train de Bondi et de la bibliothèque : la Wallis Street, situé en face d’un grand parc centenaire, le Centennial Park, où l’on trouvait nos sanitaires

Est-ce la fin ?

Les jours passaient et nous n’avions pas vraiment de plan en tête pour la suite de l’aventure : chercher un travail ? Vendre le van ? Trouver une colocation ? En attendant d’avoir les réponses à nos questions, on continuait de découvrir Sydney et on restait à la bibliothèque pour Internet.

Le manque de motivation quant à relancer tout le processus de recherche d’appartement et de petits jobs nous lança, pour la première fois, sur un retour anticipé en France. Et au fur et à mesure de nos échanges, on constatait qu’on était totalement sur la même longueur d’onde quant à cette possibilité. On cherchait à tirer le bilan de notre aventure. On était unanime. Le constat était évident, on avait vécu bien plus que ce que l’on espérait. L’expérience en van nous a permis d’apprendre beaucoup de choses, d’en prendre plein les yeux, de grandir, de faire de belles rencontres, de vivre une aventure qui nous aura marqué à jamais et sera inoubliable. On se sentait fier à l’heure de ce bilan. On se sent toujours aussi fier aujourd’hui lorsqu’il s’agit de repenser à cette histoire et lorsqu’on nous demande d’en parler.

Avant de s’envoler pour la Thaïlande, ultime étape avant le retour surprise en France, les dernières heures étaient consacrées à la vente de Barney, avec une pointe d’émotion lorsqu’il fallait le quitter. Emotion réciproque on croit, car lors du passage de témoin vers son nouveau propriétaire, Barney avait décidé de ne plus démarrer… Ultime frayeur qui nous avait glacé le sang avant l’aéroport, ce nouveau propriétaire devant nous y déposer… Ah ! Ce fameux Barney !


 

9 Comments

  1. Cindy came-true.blogspot.fr

    27 janvier 2017 at 13 h 52 min

    Je comprends votre fierté, cette aventure a l’air tellement extraordinaire! Cette variété de paysages c’est vraiment dingue!! C’est beau ces voyages qui vous marquent à vie, parfois plus que tout autre…

    1. Laura

      27 janvier 2017 at 14 h 49 min

      C’était une très belle aventure, on en garde que du bon. Et comme tu dis, la variété de paysage est assez exceptionnelle. Tu passes du désert à la mer, du rouge sable au vert des forêts tropicales. Il y en a vraiment pour tous les goûts ! Dire qu’on a fait qu’une moitié, il nous reste toute l’autre moitié à faire encore. Un jour on l’espère :))

  2. tania

    28 janvier 2017 at 19 h 11 min

    quelle aventure cela a été
    jamais fait de roadtrip encore
    vivre l’aventure australienne quelle épopée
    c fou ce genre de pays continent où les distances sont tellement énormes
    merci pour cet article
    pdt quelques minutes j’étais en Australie

  3. Marie

    9 mars 2017 at 23 h 48 min

    Wouah super article ! Moi aussi j”ai prévu de louer un van avec une copine et faire le tour de l’Australie l’année prochaine comme vous ! 🙂 Les articles comme celui là me donnent juste envie d’accélérer le temps pour y être tout de suite! 🙂

    1. Laura

      10 mars 2017 at 16 h 58 min

      Merci pour ton commentaire 🙂 Super idée de prendre un van pour visiter l’Australie, je trouve qu’il n’y a pas mieux. Au moins tu fais ton trajet comme tu veux, et tu t’arrêtes où tu veux. Un peu de patience, ton tour viendra et ce sera que du bonheur. Par contre, sur place, le temps passe vraiment vite, alors une chose : profites à fond 😀 (Meilleur conseil que je puisse donner !!)

  4. Cecile

    27 mars 2017 at 14 h 38 min

    Je ne sais pas si un jour j’aurai la chance de partir aussi loin mais en tout cas cela donne drôlement envie. L’Australie pour le coup c’est vraiment dépaysant. C’est un voyage qui parque toute une vie 🙂

    1. Laura

      30 mars 2017 at 11 h 40 min

      C’est vrai que c’est un pays vraiment dépaysant et en plus il y a de tout : grandes villes, déserts, forêts tropicales, plages paradisiaques … On essaye de ne rien oublier de ce voyage, et écrire l’histoire ça aide beaucoup.

  5. Aurélie

    14 avril 2017 at 16 h 05 min

    Combien de temps a duré votre roadtrip en tout ? Votre article me rappelle nos propres voyages en van en Australie, sur des périodes bien plus courtes que vous, mais inoubliables aussi… (une semaine du côté de Melbourne/Grampians/Great Ocean Road, une semaine d’Alice Springs à Uluru et deux semaines en WA, de Perth à Carnavon). La liberté que procure ce mode de voyage est incroyable, et avec le voyage en vélo c’est notre autre idée de prochain grand voyage… Acheter un van et partir, sûrement en Amérique du Sud.
    Nous sommes à la Réunion actuellement, donc bien plus près de l’Australie (8H30 de vol !!), par contre malheureusement les billets d’avion sont très chers… On espère avoir l’occasion d’y retourner, et votre article me donne plein d’idées 😉 Merci pour le partage !

    1. Laura

      14 avril 2017 at 18 h 57 min

      On était environ 4 mois en van, on a bossé d’abord à Melbourne pour pouvoir se l’acheter et ensuite on a fait le demi tour de l’Australie. A la base on n’était pas du tout parti sur ce projet là, mais on a vu nos économies augmenter, alors on s’est dit qu’on allait en acheter un plutôt que de louer ou faire de la relocation. On a vraiment adoré être en van, comme tu dis, c’est une vrai liberté, parce que tu fais ce que tu veux, quand tu veux. Et si tu veux t’arrêter à tel ou tel endroit, tu es totalement libre de le faire. Super vos idées de voyages, tient nous au courant quand ça se concrétise, on aime bien suivre ce genre de voyage 🙂 Je ne savais pas que c’était juste 8h30 de vol de La Réunion à l’Australie. Ca doit être sympa aussi d’être à La Réunion.

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