3 jours à vélo en Alsace et Lorraine

Etape 1 : 78 km (Holtzheim – Arzviller)

Etape 2 : 55 km (Arzviller – Mittersheim)

Etape 3 : 65 km (Mittersheim – Farébersviller)

vélo en Alsace et Lorraine

1ère ETAPE :

 

Le soleil s’est levé depuis quelques heures sur Holtzheim (village situé à une dizaine de kilomètres de Strasbourg). Nos vélos sont équipés, du moins, surtout le mien, car le vélo de route de l’homme ne peut supporter de porte-bagage. Il portera donc un sac à dos, largement moins confortable que mes sacoches accrochées de part et d’autre du vélo.

 

9 heures, top départ, nous entamons nos premiers coups de pédales sous un soleil encore doux pour rejoindre le Canal de la Bruche en direction de Strasbourg. 15 kilomètres plus tard, nous arrivons à la cathédrale. De nombreux touristes gambadent déjà sous La Belle ainsi que des cyclistes belges ultra-équipés. Petit rictus, on imagine leur itinéraire et on se verrait bien à leur place. Le cliché obligatoire de nos carrosses avec la cathédrale dans la boîte on continue notre itinéraire en passant par le Parlement Européen pour rejoindre le canal de la Marne au Rhin qui mène à Saverne.

 

Le trajet pour rejoindre Saverne n’a rien d’exceptionnel, on y croise juste de nombreux voyageurs en bateau, mais également à vélo. On se salue telle une communauté qui aurait les mêmes aspirations, la même envie de découvrir le monde sereinement, paisiblement, en prônant le « Slow Travel ». Oops … Je m’égare !

 

Nous arrivons à Saverne après 64 kilomètres de vélo, rêvant depuis notre pause déjeuner d’une boisson fraiche car la chaleur, 33 degrés, ne permet guère de tenir notre eau au frais. L’Ami Fritz nous accueilli aimablement et nous remplit même nos gourdes pour braver les 15 derniers kilomètres nous séparant de notre logement du soir : l’Auberge du Mayakafer, à côté du plan incliné d’Arzviller.

 

L’agréable surprise du jour fut notre jolie maison d’hôtes, toute en couleurs. Un coin paisible, en bordure de forêt pour y passer la nuit, accueilli par des propriétaires très chaleureux. Le repas du soir est unique lorsque l’on dort sur place et les produits sont de qualités, le tout fait maison avec les légumes du jardin. Le petit déjeuner était aussi inclus dans la formule, un régal : pain maison, gâteau maison, confiture maison. Comptez 45 € la nuit + 15 € par personne pour le repas, des broutilles quand on compare à notre deuxième « stop dodo », mais ça, c’est une autre histoire !

 

Adresse :

Auberge du Mayakafer

237 route de Dabo

57820 SPARSBROD

Site Web

 

2ème ETAPE :

 

Avant de continuer notre chemin le long du canal, nous nous sommes arrêtés au plan incliné. Lorraine de souche et alsacienne d’adoption, je n’avais jamais vu cet impressionnant dispositif d’ascenseur à bateaux, ni d’ailleurs la très belle Vallée des Eclusiers, dont nous n’avions jamais entendu parler, que nous ne connaissions ni d’Eve, ni d’Adam.

 

La vallée des éclusiers était autrefois le canal emprunté par les bateaux avant la construction du plan incliné. Aujourd’hui, il n’y a plus d’eau, la nature a repris ses droits dans le canal asséché et 17 écluses, abandonnées ou pas, se succèdent sur 4 kilomètres. Un lieu bucolique qui donne l’impression que le temps s’est arrêté, ponctué de charmantes maisons dans lesquelles on s’y verrait bien pour s’éclipser et suspendre le temps qui s’échappe trop rapidement.

 

La vie reprend son cours toujours le long du canal de la Marne au Rhin, ou devrais-je dire, la piste cyclable des cigognes, car durant cette deuxième étape, nous avons vu énormément de cigognes dans les champs ou entrain de danser dans le ciel, principalement au niveau de Hesse.

 

A partir de Niederviller, les choses sérieuses commencent, on doit quitter le canal pour emprunter la route, ce qui signifie que les cuisses sont plus sollicitées à cause des montées. L’avantage de pédaler le long d’un canal est que l’itinéraire reste relativement plat, voire trop plat. En effet, un peu d’effort fait du bien et on éprouve également une certaine fierté d’y être arrivé jusqu’au bout. Certes, ce n’est pas l’Alpe d’Huez, mais soit dit en passant, j’ai tout de même du pousser le vélo une seule fois, sinon je dévalais la pente en marche arrière avec le vélo.

 

Après toute cette lutte hors des voies vertes, nous retrouvons le Canal de la Sarre au niveau de Gondrexange, où la piste cyclable se fraie un chemin entre étangs, forêts et canal. Notre allure est bonne, il fait chaud, nous avons hâte d’arriver à Mittersheim pour soulager nos muscles et se rafraîchir dans le lac après cette journée sous 34 degrés.

 

Mais quel fut notre étonnement en découvrant l’hôtel. Un bordel sans nom dans l’entrée et sur le comptoir du bar, un lapin en laisse, de la salade et de la paille sur le sol, une chambre défraîchie avec du papier peint qui se décolle et très mal insonorisée (merci aux deux gamines de la chambre d’à côté pour le bordel et aux propriétaires des lieux de leur avoir donné la chambre à côté de la notre, alors qu’une dizaine d’autres chambres devaient être libres). Les premières impressions sont donc bien mauvaises et le repas ne sauve pas la note de l’Escale : un plat minimaliste, sans décoration (ne serait-ce qu’une feuille de salade, mais pas celle du lapin !) et une viande pas très tendre. En voyant également le congélateur bac dans l’entrée avec les croissants surgelés, on décide de ne pas prendre de petit-déjeuner le lendemain matin. A 8 € en plus des 60 € pour la chambre, nous trouvons ces prix un chouïa exagérés. Motto du soir : « l’Escale, même pas pour une escale ».

 

3ème ETAPE :

 

Des barres de céréales et une brique de jus chacun engloutis, nous sommes fin prêt à enfourcher nos vélos en direction de Sarralbe, à 20 kilomètres, pour y prendre un vrai petit-déjeuner.

 

Nous pédalons à une très belle allure (serait-ce l’appel du pain au chocolat ?), sous un temps mitigé, bien plus frais que les jours précédents. Les kilomètres défilent, le canal se ressemble et rare sont les personnes que nous croisons. Nous sommes seuls au monde.

 

Après Sarralbe, direction Sarreguemines, pour la pause déjeuner dans un restaurant très convivial, la Brasserie du Marché. C’est le ventre plein et les muscles en éveil que nous attaquons nos 17 derniers kilomètres avant d’atteindre notre but, les 17 kilomètres les plus difficiles de notre parcours car en dehors du canal, la Moselle n’est pas toute plate, au contraire. Nous enfilons nos maillots à poids rouges de grimpeurs pour gravir les collines mosellanes qui se dressent devant nous, en espérant qu’à chaque montée, une descente suivra … en vain. Les descentes ne sont pas à la hauteur des montées, nous crions à l’injustice !

 

Sur les hauteurs de la moselle des pays de Bitche-Sarreguemines et de la Rosselle, nous passons les villages en « -ing », ceux qui ont gardé leur suffixe germanique : Tenteling, Ebring, Théding avant d’arriver à Farébersviller. Puis au détour d’un virage, la petite maison bleue nous ouvre ses bras et nous entrons dans ce havre de paix.


  • vélo alsace lorraine

2 commentaires sur “3 jours à vélo en Alsace et Lorraine

  1. Effectivement, une chouette balade, hormis votre étape du jour 2 🙂 Je suis admirative des distances que vous réussissez à parcourir chaque jour, vous avez un bon coup de pédale ! Ici on a du mal à dépasser les 50km par jour lorsque l’on part en vélo (bon, faut dire aussi qu’on a tendance à s’arrêter tout le temps…)

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