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Billet humeur : Paris, capitale mondiale du vélo ?

On en a entendu parler de partout, Paris, notre chère capitale française à lancé un énième « plan vélo » de 150 millions d’euros pour lutter contre la pollution, développer l’usage du deux-roues et tenter de devenir « capitale mondiale ». Le plan est très ambitieux, l’image ci-dessous révèle le budget consacré à l’aménagement des pistes cyclables, des stationnements et l’aide à l’achat de vélos.

 

Plan-vélo-Paris-2015

 

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Mais plus sérieusement, vouloir être la « capitale mondiale » n’est-il pas trop ambitieux ? Voire … vantard ? Paris surfe-t-elle sur la mode actuelle de la bicyclette pour se mettre en avant ? La concurrence est rude pour obtenir le trophée mondial de ville cyclable et Paris part de loin, très très loin ! Devant elle, de grandes villes européennes, mais également de plus petites villes sont largement plus développées. Citons Berlin, Amsterdam, Copenhague ou Munich pour les plus connues ou Utrecht mais aussi Strasbourg. Pendant qu’à Paris on pense « pistes cyclables » dans la majorité de ces villes on étudie les autoroutes cyclables pour relier les banlieues au centre-ville.

 

D’autant plus que, pour être une ville « bicycle-friendly », il ne suffit pas de construire des kilomètres de pistes cyclables, des parkings à vélo, mais il faut avant tout, avoir la mentalité vélo, que ce soit le cycliste mais également les conducteurs de voitures et de motos. Car dans les villes où la petite reine a une place prédominante, les conducteurs de voitures sont souvent aussi des amateurs de vélocipèdes et maîtrisent donc tous les réflexes pour garantir la sécurité des cyclistes, à savoir : regarder en arrière avant de tourner pour ne pas percuter un Richard Virenque arrivant à toute allure.

 

Notons également l’importance du respect du partage de la voirie ou du trottoir, c’est-à-dire, que les piétons ne s’aventurent pas sur une piste cyclable (la rencontre entre un deux-roues et un deux-pieds risque de faire mal), que les véhicules motorisés et surtout encombrants ne se garent pas sur les voies réservées aux vélos et que les cyclistes respectent également le piéton. A Paris, j’ai plus l’impression qu’aux heures de pointe on assiste à un véritable safari urbain où automobilistes, scooters zigzaguent entre trottoir, voies réservées aux vélos et route : très dangereux pour celui qui pédale !

 

Bref, des habitudes à prendre et un art de vivre qui ne s’apprend pas avec 150 M d’€ et qui sont incontournables pour se proclamer « capitale mondiale du vélo ».

 

Pour conclure, le « plan vélo » parisien est une très bonne initiative car la pratique du vélo doit devenir un mode de transport à part entière, connaissant tous ces bénéfices. Mais pour Paris, la route est longue pour égaler les meilleurs élèves, mais l’essentiel c’est de le faire.


Source photo : Ville de Paris & Guiseppe Moscato (Flickr)

 

1 Comment

  1. Bergère Inrock

    28 août 2015 at 20 h 03 min

    Tout à fait d’accord, j’ai vécu à Copenhague et à Paris où j’ai été cycliste, deux expériences bien différentes! Malheureusement Paris a le potentiel mais il y a trop d’incivilité… entre vélos et roues volées + non respect des signalisations, je me finissais souvent par m’arracher les cheveux!

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