Les vendanges à Adelaide : une rencontre entre deux mondes

Le fruit picking est un job incontournable en Australie pour gagner quelques dollars à la sueur de son front en récoltant des pommes, des grappes de raisins, des poires. On y rencontre un grand nombre de personnes, des backpackers de toutes nationalités mais également des immigrés qui ont réussit à rejoindre le sol australien par on ne sait quel moyen, mais après des mois de galère. C’est donc une rencontre entre deux mondes totalement différents, aux ambitions opposées entre vivre et survivre.

Nous avons commencé notre première journée de « Grape Picking » dans un grand domaine des hauteurs d’Adelaide Hills. Le premier jour, nous devions être une cinquantaine car plusieurs groupes étaient réunis pour travailler dans le vignoble. Toutes les nationalités se côtoyaient : français, belges, allemands, sri lankais, afghans, iraniens, vietnamiens et j’en passe. Un beau mélange de couleurs et de cultures, mais nous savions très bien que la plupart des personnes présentes ne travaillaient pas dans les vignes par plaisir, pour se payer leur roadtrip en Australie mais plutôt pour tenter de gagner un minimum d’argent pour rêver d’une vie meilleure. D’ailleurs, certains sri lankais ne devaient même pas avoir 18 ans et ne parlaient pas anglais, mais ils étaient toujours souriants, ils avaient l’air joyeux. Ils rendaient service en me portant mes sceaux remplis de raisins et peut-être que mes « thank you » avec un grand sourire leur faisait plaisir, ils avaient l’air content que deux françaises les transportent chaque jour au lieu de rendez-vous et lorsqu’elles tentaient de parler avec eux, ils riaient dans leur coin, d’un air timide. Si toutes ces petites choses les rendaient joyeux, alors tant mieux … !

Plus les jours passaient, plus le groupe était restreint et nous pouvions donc plus facilement parler les uns avec les autres, entre deux vignes. Mustafa, un jeune afghan d’une vingtaine d’année était le petit rigolo de la bande qui n’avait pas sa langue dans sa poche et qui bavarder avec tout le monde, poser des questions, il assouvissait sa curiosité. Il nous demanda si nous avions rejoint l’Australie en bateau. Comment interpréter cette question ? On répondit simplement que nous sommes venus par avion.

Mais toutes les discussions n’étaient pas toutes gaies et on se souvient particulièrement de cette histoire racontée par un autre afghan, dont le nom m’échappe, l’épisode de sa fuite vers Australie. Il tenta d’abord de rejoindre l’Europe, mais fût arrêté en Grèce et renvoyé en Iran. De là, il partit en direction de l’Australie et réussit à rejoindre le pays mais nous ne savons pas dans quelles conditions. Il termina en ajoutant que sa femme et ses enfants étaient encore en Afghanistan et qu’il espère, je cite, « les revoir un jour ». Ce sont des mots durs, qui vous prennent, une situation qui pour nous est inimaginable.

Pour terminer sur une note joyeuse et positive, ces rencontres sont intéressantes et très enrichissantes, il suffit juste de s’ouvrir aux autres et comme l’a dit Emile Zola : « rien ne développe l’intelligence comme les voyages »

 


 

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